Statistiques les plus récentes aux USA : 99,99 % du clergé est innocent pour la justice

Statistiques les plus récentes aux USA : 99,99 % du clergé est innocent pour la justice

D’après les statistiques les plus récentes, 99,99 % des prêtres et diacres aux Etats-Unis sont, par rapport à la pédophilie, innocents pour la justice.

En effet, sur les 36 158 prêtres et les 16 300 diacres (chiffres vérifiés dans le rapport final de 2015 de la conférence des évêques catholiques des Etats-Unis en ligne), soit 52 458 membres du clergé américain, 7 cas d’abus sont en cours d’étude par la justice (et ils ne sont pas encore jugés coupables par la justice). Soit 0,01 % du clergé.

Soit 99,99 % des prêtres et diacres américains (et, on le sait, on trouve le même genre de statistiques dans l’Eglise en général) sont innocents pour la justice.

Sources :

Comme chaque année à pareille époque, le Conseil national de surveillance (National Review Board) de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (United States Conference of Catholic Bishops, USCCB), mis en place à la suite du « scandale des prêtres pédophiles », publie son rapport annuel sur les abus sexuels commis sur des mineurs par des membres du clergé.

Une traque systématique des abuseurs sexuels dans le clergé

Ce Conseil avait été institué en juin 2002 par les évêques américains lors de leur assemblée plénière de printemps, après les révélations l’année précédente par le quotidien Boston Globe d’abus sexuels commis par des membres du clergé sur les mineurs. Abus, il faut le dire, trop souvent dissimulés par la hiérarchie épiscopale, et qui ont été mondialement popularisé, à tort, comme le « scandale des prêtres pédophiles ». Ce Conseil, composé d’universitaires et de spécialistes laïcs, a notamment pour fonctions de signaler et d’étudier les allégations d’abus sexuels qui viennent à sa connaissance et de conseiller les institutions de la Conférence épiscopale chargée de mettre en application la Charte pour la protection des enfants et des jeunes (Charter for the Protection of Children and Young People) établie par la conférence épiscopale en 2005.

7 cas d’abus sexuels sur mineurs commis par 0,01 % du clergé des Etats-Unis…

Le rapport portant sur l’année 2015 – et couvrant la période allant du 1er juillet 2014 au 30 juin 2015 – a été rendu public à la mi-mai 2016 (on peut le télécharger ici).

Il ressort de cette étude scientifique que, sur cette période, 7 allégations, avec preuves à l’appui, d’abus sexuels sur des mineurs ont été retenues contre des membres du clergé diocésain – le clergé régulier n’entre pas dans le cadre de cette étude particulière. Au cours de cette période, l’Église catholique aux États-Unis se composait de 35.987 prêtres et 16.251 diacres. Autrement dit, des cas avérés d’abus sexuels sur des mineurs n’ont pu être imputés qu’à 0,01 % du clergé diocésain des États-Unis.

Le « scandale des prêtres pédophiles » est un scandale de prêtres homosexuels

Comme le dénonce avec vigueur Bill Donohue, président de la Catholic League for Religious and Civil Rights, on s’aperçoit que, d’une année sur l’autre, « il y a des choses qui ne changent pas. Comme d’habitude, 81 % des victimes sont de sexe masculin et la plupart post pubères […] Ce qui veut dire que ce sont des [prêtres] homosexuels qui constituent la plus grande partie du problème, alors que personne ne mentionne ce fait ». Est-ce si curieux que cela ?

Adam Villiers

En conclusion et pour résumer ce site…

En conclusion et pour résumer ce site…

A lire certains journaux et médias, à force de ne parler des affaires de pédophilie que quand elles sont dans l’Eglise et dues à des prêtres, notre esprit finit par associer prêtre à pédophile.

Cependant, comme nous savons aussi que les médias ne s’intéressent que rarement à l’ensemble d’un problème, et qu’ils préfèrent s’attarder à ce qu’il y a de plus scandaleux et vendeur, nous pouvons penser qu’ils exagèrent sans doute les choses.

Alors comment savoir ? Les prêtres sont-ils des pédophiles ou non ? Les médias exagèrent-ils l’affaire ou non ? Le seul moyen de le savoir est de s’appuyer sur des chiffres réels.

Sans cela, notre esprit, prisonnier du refrain médiatique, ne saurait trouver la vérité et, par là-même, la liberté. Il faut donc s’attarder sur les chiffres pour cautionner ou refuser le message médiatique.

Remarquons que cela reste vrai pour toute information passant à travers les médias.

L’étude la plus complète sur les cas d’abus sexuels dans l’Eglise américaine (et, à ce jour, il n’en existe pas de plus poussée dans l’Eglise universelle) est celle du John Jay College of Criminal Justice, de la City University of New York (référence : JJC).

Dans cette enquête, nous avons remarqué qu’il faut distinguer les allégations des condamnations. En effet, des allégations ont parfois entrainé des condamnations par la justice mais elles ont le plus souvent entrainé la relaxe (donc, pour la justice, ces prêtres restent des présumés innocents).

Ainsi, sur les 4392 allégations (JJC p.4-7), 1021 ont conduit à des enquêtes policières pour n’aboutir finalement qu’à 384 accusations criminelles. On passe donc de 4% de prêtres (4392/109694) ayant eu des allégations d’abus sexuels à 0,35% de prêtres (384/109694) effectivement condamnés pour ces actes. Certes, dans cette différence, il n’y a pas que des prêtres innocents (certains sont morts, prescription, etc.), mais il y en a quand même puisque, malheureusement, les faux témoignages et la diffamation existent. Pour la justice, il nous faut conclure que 99,65 % des prêtres restent innocents.

Cependant, si nous appliquons le taux de 37,6% de condamnations parmi les enquêtes faites (384/1021) sur l’ensemble des allégations (4392), nous obtenons 1651,4 condamnations probables (4392×37,6%). Sur l’ensemble de la population étudiée (109 694 prêtres), cela nous donne un taux probable de 1,5% de condamnations. Soit, probablement, 98,5% des prêtres sont innocents.

On voit donc que 98,5% à 99,65% des prêtres sont innocents pour la justice.

Qu’en est-il en France ?

Selon les chiffres de l’Eglise de France (que l’on peut vérifier, pour ce qui est des condamnations, auprès de la justice française), en 2010, sur les plus de 20 000 prêtres et religieux français, « une trentaine de prêtres et de religieux purgent la peine à laquelle ils ont été condamnés, conformément à la loi [on ne sait pas s’il s’agit uniquement de cas d’abus sexuels…]. C’est beaucoup trop, mais ce n’est pas un phénomène massif » (homélie de Mgr Vingt-Trois, messe chrismale 2010). Si l’on arrondit à quarante : 40 / 20000 = 0,002, c’est-à-dire 0,2 % des hommes consacrés.

C’est-à-dire qu’en 2010, 99,8 % d’entre eux sont – au moins pour la justice et cela n’est pas rien – innocents.

Notons que ce chiffre corrobore celui ci-dessus de l’Eglise américaine.

Rappelons aussi que la répétition est la base de l’association. Par conséquent, lorsque l’on répète couramment deux mots ensemble, notre cerveau finit par les associer : et quand on évoque l’un, l’autre arrive. Ainsi, par ce refrain médiatique, est maintenant associé « pédophile » à « prêtre ».

Si encore cela était vérifié par les chiffres, nous pourrions ne pas nous en offusquer.

Mais, quand on voit que la réalité ne correspond absolument pas à une telle association, nous ne pouvons que nous scandaliser. Cette association cognitive et mensongère provient d’une pure construction médiatique qui ne correspond aucunement à la réalité des chiffres : nous sommes en flagrant délit de manipulation.

Malheureusement, cela n’est pas nouveau :

« Il y a des cas d’abus sexuels qui sont révélés tous les jours contre un grand nombre de membres du clergé catholique. On ne peut malheureusement plus parler de cas individuels, mais d’une crise morale collective qui n’a peut-être jamais connu dans l’histoire culturelle de l’humanité une dimension si effrayante et si déconcertante. De nombreux prêtres et religieuses se sont reconnus coupables. Il ne fait aucun doute que les milliers de cas portés à l’attention de la Justice ne représentent qu’une petite fraction du total authentique, puisque de nombreux délinquants ont été couverts et cachés par la hiérarchie ».

Est-ce un texte paru dans l’un de nos journaux de 2016 ? Non. Mais c’est un discours prononcé le 28 mai 1937 par Joseph Goebbels (1897-1945) ministre de la Propagande du IIIe Reich. 276 religieuses et 49 prêtres séculiers sont arrêtés en 1937. Les arrestations se succèdent dans tous les diocèses allemands, de manière à toujours garder les scandales sur la première page des journaux.

En effet, les Nazis n’avaient guère apprécié que, le 10 Mars 1937, le Pape Pie XI (1857-1939) par l’encyclique Mit brennender Sorge condamne leur idéologie. Ils ont encore moins apprécié que cette encyclique soit exceptionnellement rédigée en allemand (plutôt qu’en latin, habituellement) et distribuée secrètement dans toutes les paroisses d’Allemagne pour y être lue publiquement le 21 mars 1937, Dimanche des Rameaux.

Sachant cela, comment nos journalistes se permettent-ils d’employer ce genre de méthodes de propagande en créant, par la répétition, de tels mensonges dans nos esprits ?

Il est vraiment surprenant et alarmant que, de nos jours, nous puissions faire de tels rapprochements.

Il en va réellement aujourd’hui de notre liberté de penser que de refuser ces refrains médiatiques mensongers. Car cela ne se limite pas à ce dossier : trop souvent nous pouvons remarquer ce genre de manipulation médiatique à propos d’autres sujets.

Dénonçons ces méthodes en écrivant par exemple aux journalistes, rédacteurs en chef, etc. Protestons contre ces médias qui relaient les affaires de pédophilies uniquement quand elles sont dans l’Eglise : qu’ils fassent aussi ce travail ailleurs. Car ailleurs aussi, il y a des victimes. Ailleurs aussi, il y a des bourreaux. Ailleurs aussi, il y a de terribles souffrances.

Ainsi : « alors que la presse californienne s’acharnait en 2002 à déterrer des affaires de pédophilie d’il y a trente ans mais impliquant des prêtres, pour y consacrer près de 2000 textes, dans le même temps, à peine quatre publications étaient consacrées à des abus sexuels dans les écoles, pourtant beaucoup plus d’actualité » (http://www.causeur.fr/spotlight-pedophilie-eglise-36494.html).

Si les médias ne font ce « ménage » que dans l’Eglise et qu’ils gardent pertinemment sous silence les autres cas, il faut conclure qu’ils se moquent des victimes et que le problème de la pédophilie en général ne les intéressent pas. Qu’ils fassent donc ce ménage ailleurs et nous verrons qu’ils recherchent la justice et la vérité. Qu’ils ne le fassent pas (et le temps laisse à penser cela depuis les campagnes précédentes de 2010 où l’on n’a diffusé que les cas de pédophilie liés à l’Eglise) et nous aurons la démonstration de leurs mépris envers les victimes et que l’injustice est leur étendard.

Malgré cela, travaillons ensemble et écrivons aux journalistes concernés que nous refusons leurs messages et que nous voulons une information juste qui reflète la vérité ; car, sans vérité, il n’y a pas de liberté et sans liberté, il n’y a ni joie, ni vie, ni bonheur.

Relevons ce défi et, même si cela semble bien peu, par notre petite action, nous aurons essayé d’apporter un peu plus de justice et de vérité à ce monde qui en a tant besoin.

Pédophilie et médias : une triste histoire

Pédophilie et médias : une triste histoire

Nous ne ferons ici que nous référer à un article de Massimo Introvigne, traduit et publié par benoit-et-moi.fr, non pour ratifier tous ses propos, mais pour mettre en avant une partie de l’histoire qui nous semble des plus pertinentes pour notre sujet :

« Il y a des cas d’abus sexuels qui sont révélés tous les jours contre un grand nombre de membres du clergé catholique. On ne peut malheureusement plus parler de cas individuels, mais d’une crise morale collective qui n’a peut-être jamais connu dans l’histoire culturelle de l’humanité une dimension si effrayante et si déconcertante. De nombreux prêtres et religieuses se sont reconnus coupables. Il ne fait aucun doute que les milliers de cas portés à l’attention de la Justice ne représentent qu’une petite fraction du total authentique, puisque de nombreux délinquants ont été couverts et cachés par la hiérarchie ».

Un éditorial paru dans un grand journal laïque de 2010 [ou 2016] ?

Non : un discours prononcé le 28 mai 1937 par Joseph Goebbels (1897-1945), ministre de la Propagande du IIIe Reich.

Ce discours, de grande résonance internationale, est le point culminant d’une campagne lancée par le régime nazi pour discréditer l’Eglise catholique dans un scandale des prêtres pédophiles.

276 religieuses et 49 prêtres séculiers sont arrêtés en 1937.
Les arrestations se succèdent dans tous les diocèses allemands, de manière à toujours garder les scandales sur la première page des journaux.

En effet, le 10 Mars 1937 avec l’encyclique Mit brennender Sorge, le Pape Pie XI (1857-1939) condamne l’idéologie nazie.

À la fin du mois, le ministère de la Propagande dirigé par Goebbels lance une campagne contre les abus sexuels des prêtres. La planification et la gestion de cette campagne sont connues grâce à des documents dont l’histoire est digne des meilleurs romans d’espionnage.

En 1937, le chef du contre-espionnage militaire allemand est l’amiral Canaris Wilhelm (1887-1945). Il est devenu graduellement anti-nazi, et a mûri les convictions qui l’amèneront à organiser l’attentat manqué contre Hitler en 1944, à la suite de quoi il sera pendu en 1945.

Canaris désapprouve les manœuvres de Goebbels contre l’Église catholique et charge l’avocat Josef Müller (1878-1979) de porter à Rome une série de documents secrets sur le sujet. À diverses reprise, Müller – avant d’être arrêté et interné dans le camp de concentration de Dachau, dont il survivra, devenant après la guerre ministre de la Justice de Bavière – apporte des documents secrets à Pie XII (1876-1958), qui demande à la Compagnie de Jésus de les étudier.

Avec l’approbation de la Secrétairerie d’État, les enquêtes sur la conspiration nazie contre l’Église sont confiées au jésuite Allemand Walter Mariaux (1894-1963), qui, après avoir animé l’organisation allemande anti-nazie Pauluskreis a été prudemment envoyé comme missionnaire au Brésil et en Argentine. […]

Mariaux publie en 1940 à Londres en anglais, et en 1941 à Buenos Aires en espagnol, sous le pseudonyme de « Testis Fidelis », deux livres sur la persécution anti-catholique du Troisième Reich : plus de sept cents pages de documents commentés qui suscitent une grande émotion dans le monde entier.

L’expresssion « panique morale » n’a été forgée par les sociologues que dans les années 1970, pour identifier une alarme sociale conçue tout exprès en amplifiant les faits réels et en exagérant leur nombre à travers des statistiques folkloriques, tout en « découvrant » et présentant comme « nouveaux » des événements en réalité déjà connus et éloignés dans le temps. A la base, il y a des événements réels mais leur nombre est systématiquement déformé.

Même sans disposer des outils de la sociologie moderne, Goebbels répond à l’encyclique Mit brennender Sorge de 1937 avec une opération digne d’un manuel pour créer une panique morale.

Comme toujours, dans les paniques morales, les faits ne sont pas entièrement fictifs.
Avant l’encyclique, il y avait eu en Allemagne quelques cas d’abus sur des mineurs. Mariaux lui-même reconnaissait coupable un religieux d’une école de Bad Reichenhall, un enseignant laïc, un jardinier et un concierge, condamnés en 1936, tout en notant que la peine imposée par le ministère de l’Éducation de Bavière – la révocation de l’autorisation de gérer des écoles à quatre ordres religieux – était totalement disproportionnée et se reliait à la volonté du régime d’écraser les écoles catholiques. […]

Les cas – très peu nombreux, mais réels – avaient conduit à une réaction très ferme de l’épiscopat

Le 2 Juin 1936, l’évêque de Münster, le Bienheureux Clemens August von Galen (1878-1946) – l’âme de la résistance catholique au nazisme, béatifié en 2005 par Benoît XVI – fait lire une déclaration à la messe dominicale, où il exprime « la douleur et la tristesse » pour « les crimes abominables » qui « couvrent de honte notre sainte Eglise ».

Le 20 août 1936 après les événements de Waldbreitbach, l’épiscopat allemand publie une lettre pastorale collective dans laquelle ils « condamnent fermement » les dirigeants de l’Église et mettent l’accent sur la collaboration avec les tribunaux de l’État.
À la fin de 1936, les mesures strictes sont prises – devant quelques rares cas, parmi lesquels certains douteux – les évêques allemands semblent avoir résolu les problèmes réels.

D’une voix étouffée, les Évêques font aussi remarquer que parmi les enseignants des écoles publiques et dans l’organisation de jeunesse du régime elle-même, la Hitlerjugend, les cas de condamnations pour violences sexuelles sont beaucoup plus élevés que dans le clergé catholique.

C’est l’encyclique de Pie XI contre le nazisme qui détermine la grande campagne de 1937.

Mariaux le prouve en publiant les instructions très détaillées envoyées par Goebbels, quelques jours après la publication de Mit brennender Sorge à la Gestapo, la police politique du Troisième Reich, et en particulier aux journalistes, invités à « découvrir » les affaires jugées en 1936, et même les épisodes plus anciens, les représentant en permanence au public.

Goebbels ordonne à la Gestapo de trouver des témoins pour accuser plusieurs prêtres, les menaçant d’arrestation immédiate s’ils ne coopèrent pas, même lorsqu’il s’agit d’enfants.
L’expression proverbiale « il y a un juge à Berlin », qui dans la tradition allemande indique une confiance dans l’indépendance de la magistrature face aux puissances en place, vaut aussi – dans certaines limites – pour le Troisième Reich.

Sur les 325 prêtres et religieux qui ont été arrêtés après l’encyclique, seuls 21 sont condamnés. Il est presque certain que parmi eux il y a les innocents calomniés. Presque tous finissent dans les camps d’extermination, où beaucoup meurent.

La tentative de discréditer l’Église catholique à l’échelle internationale grâce à des accusations d’immoralité et de prêtres pédophiles va toutefois échouer.

Pourvu que ces nouvelles campagnes trouveront des esprits plus éveillés qui sauront discerner la réalité des chiffres du refrain médiatique…

La liberté de notre pensée est à ce prix.

Médias, panique morale et prêtres

Médias, panique morale et prêtres

Le concept de « panique morale » ou « lynchage médiatique » ou « vindicte populaire »…

La « panique morale » fut décrite dès 1972 par Stanley Cohen. Elle surgit quand « une condition, un événement, une personne ou un groupe de personnes est désigné comme une menace pour les valeurs et les intérêts d’une société« . Les « paniques morales » sont souvent liées à des controverses, et sont généralement nourries par une couverture médiatique intense.

Deux éléments fondamentaux composent la « panique morale » :

1. Une source réelle,

2. Une diffusion médiatique intense et excessive de cette source.

Cette diffusion conduit toujours à une simplification des faits, voire à leur manipulation.

Conséquence de cette répétition sur l’esprit humain : l’association.

On associe une catégorie de la population à un danger par la méthode de la répétition. La répétition est en effet la base de l’impression cognitive. C’est ainsi que se font l’apprentissage et l’éducation.

Plus un fait est rapporté, diffusé, répété, plus il pénètre l’esprit. Il suffit ensuite de citer l’un ou l’autre mot et l’association mentale se fait (voir les travaux de Rosenweig en 1957 et Jodelet et Oléron en 1966). Par exemple, au mot « raquette », on pense « tennis », au mot « aquarium », on pense « poisson », au mot « luge », on pense « neige », etc. Ces associations naturelles peuvent aussi être fabriquées par un système basé sur la répétition.
Ainsi donc, aujourd’hui, lorsque l’on dit « prêtre », on pense « pédophile », et lorsque l’on dit « pédophile », on peut penser à « prêtre », quoiqu’un peu moins dans ce sens : en effet, le discours médiatique a surtout été dans le sens prêtre => pédophile que pédophile => prêtre.

Cette concentration médiatique sur l’Eglise et les prêtres se démontre aisément à travers l’analyse du nombre d’articles dans la presse à ce sujet. Prenons l’exemple de la presse californienne en 2002 :

« Alors que la presse californienne s’acharnait en 2002 à déterrer des affaires de pédophilie d’il y a trente ans mais impliquant des prêtres, pour y consacrer près de 2000 textes, dans le même temps, à peine quatre publications étaient consacrées à des abus sexuels dans les écoles, pourtant beaucoup plus d’actualité » [1].

Nous devrions nous scandaliser de telles techniques de manipulation mentale, surtout quand on sait d’où elles viennent :

– « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose», Joseph Goebbels, ministre nazi pour « l’Education du public et la propagande »[2].

– « Un mensonge répété dix fois reste un mensonge ; répété dix mille fois il devient une vérité », Adolf Hitler.

Sachez distinguer la citation du point Godwin… la suite montre bien que l’on peut faire ici référence à ces tristes personnages.

Quand l’histoire se répète…

[1] http://www.causeur.fr/spotlight-pedophilie-eglise-36494.html

[2] On ne peut s’empêcher de penser (par association !) à ce que nous disait Voltaire : « Le mensonge n’est un vice que quand il fait mal. C’est une très grande vertu quand il fait du bien. Soyez donc plus vertueux que jamais. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours. Mentez, mes amis, mentez, je vous le rendrai un jour. » Voltaire, lettre à Thiriot du 21 octobre 1736.


a quoi ca sert

Pédophilie et médias : affaire Barbarin vs affaire Belkacem

Pédophilie et médias : affaire Barbarin vs affaire Belkacem

L’affaire Barbarin vs l’affaire Najat Vallaud-Belkacem
ou l’Eglise face à l’Education Nationale

En 2016, deux affaires liées au fait d’avoir « couvert » des pédophiles ont fait surface. Autant l’une à fait la Une, autant l’autre est passée inaperçue (ou presque). Etudions cette différence de traitement médiatique.

Au cardinal Barbarin plus qu’à l’Eglise (ce qui est juste) est reproché d’avoir laissé exercer un prêtre qui avait eu des attouchements sexuels sur mineurs, sans que cela ait été cependant jugé par la justice. On peut noter que, dès le début, le nom de ce prêtre a été divulgué dans la presse. Par ailleurs, n’ayant été jugé par aucun tribunal, il devait être présumé innocent, ce qui n’a pas non plus été respecté par la presse. Enfin, on ne compte plus le nombre d’articles écrits sur ce sujet et le Premier Ministre s’est même permis de dire au cardinal Barbarin « de prendre ses responsabilités, de parler, et d’agir ».

A l’Education Nationale plus qu’à Najat Vallaud-Belkacem ou au recteur (ce qui est étrange) est reprochée d’avoir laissé exercer un professeur qui avait été mis en examen et condamné par la justice britannique pour agression sexuelle d’un mineur de moins de 15 ans (précisément pour relation sexuelle avec un enfant, ce qui constitue un cas plus grave de pédophilie). Il est condamné à quinze mois d’emprisonnement et interdiction de travailler avec des mineurs. Après avoir purgé sa peine et revenu en France, il va passer en commission de discipline au sein de l’Education nationale. 35 personnes dont le recteur se prononcent à l’unanimité pour l’absence de sanction et la reprise de ses fonctions d’enseignant. Les principaux journaux ne donnent pas le nom de ce professeur. Le nombre d’articles est bien inférieur à l’ « affaire Barbarin ». Aucun commentaire du Premier Ministre.

En résumé :

  Affaire « Barbarin » Affaire « Education Nationale »
Accusation : Avoir laissé exercer un prêtre reconnaissant avoir posé des attouchements sexuels avec des mineurs de moins de 15 ans.
Cependant, la justice n’a pas encore rendu son jugement.
Avoir laissé exercer un professeur qui a eu des relations sexuelles avec des mineurs de moins de 15 ans. Et ceci, après passage devant une commission de 35 personnes (dont le recteur) connaissant les faits. Le professeur a été reconnu coupable et condamné à la prison ferme par la justice britannique.
Condamnation par un tribunal : Non (en attente de jugement). Le prêtre se reconnait coupable. Oui.
Diffusion dans les médias du nom du coupable ou du présumé coupable : Oui. Non.
Respect de la présomption d’innocence par les médias : Non, le plus souvent. Or, elle devait l’être car le jugement n’a pas encore été prononcé par la justice. Oui, le plus souvent, alors qu’il y avait déjà eu jugement par la justice.
Diffusion médiatique : Maximale.

Qui n’est pas au courant ?

Minimale.

Qui est au courant ?

Commentaire du Premier Ministre : Il demanda au cardinal Barbarin « de prendre ses responsabilités, de parler, et d’agir ». Aucun commentaire.

A travers quelques éléments objectifs, on voit combien la réaction médiatique (et politique avec M. Valls) est partiale et injuste. Alors que, face à la gravité des faits, les médias devraient s’offusquer, combattre et condamner plus l’affaire « Education Nationale » que « Barbarin », on s’aperçoit du parfait inverse.

Cet exemple illustre bien que le système médiatique français (et plus largement encore) n’est pas basé sur la recherche de la justice et de la vérité et qu’au fond il ne regarde pas les faits et leur gravité mais les personnes qui les commettent.

Combien de fois a-t-on entendu « Barbarin démission » et combien de fois « Najat démission » ou « [nom du recteur] démission » ?

Faut-il conclure que la pédophilie est moins grave selon le métier qu’exerce la personne ? Qu’en pensent les victimes ?

En complément :

A ceux qui doutent encore de cela, je vous invite à faire vous-même une recherche via Google sur la période 1er février 2016 au 1er avril 2016, dates où sont « sorties » ces affaires (vous pouvez essayer d’autres périodes autour de celles-ci, ce sera + ou – les mêmes résultats ; cliquez sur Outils > date > période personnalisée).

1. Avec le mot clé « Barbarin », on tombe sur 7400 résultats dont, à part quelques-uns, tous portent bien sur notre sujet de « l’affaire Barbarin ».

2. Avec les mots clés « Pédophilie Villefontaine » (j’ai dû chercher différents mots clés afin d’avoir ceux qui font ressortir le plus de résultats…), nous tombons sur… 265 résultats qui se réduisent à 48 résultats quand on clique sur la 5ème page de résultats !!

7400 vs 48 : il y a donc bien eu une cabale médiatique contre Barbarin.


Les « paniques morales », pure création médiatique

Pédophilie et enseignement

Pédophilie et enseignement

Voici quelques éléments de comparaison avec ce qui se passe dans l’enseignement.

« Il y a encore très peu d’études permettant des comparaisons généralisées avec d’autres organisations publiques ou privées ayant une mission éducative.

On dispose toutefois de plusieurs enquêtes sur le milieu éducatif américain. D’après une étude menée en 1994 à New York, déplacer d’une école à l’autre les professeurs coupables d’abus sexuels est un procédé courant. En 2002, le Department of Education a mené une étude sur les abus sexuels dans le système éducatif américain. D’après celle-ci, 6 à 10 % de tous les élèves inscrits dans les Public-School seraient victimes d’abus sexuels pendant leur scolarité.

En 2005, une étude nationale de l’Associated press investigation portant sur la période de 2001 à 2005 conclut, d’après un article du Washington Post, que les enseignants et éducateurs coupables d’abus sexuels sont rarement inquiétés. La plupart des cas d’abus ne sont pas signalés et, quand ils le sont, c’est souvent pour être classés sans suite. D’après les auteurs, les écoles, la justice, les États et le gouvernement fédéral réunis n’ont pas encore trouvé de solution efficace pour éloigner les abuseurs du système scolaire.

En France, le problème des abus sur mineurs commis à l’école ou dans les familles est un sujet qui est longtemps resté tabou […]. Auparavant, les affaires concernant les éducateurs étaient souvent traitées en interne, et se traduisaient par des blâmes ou des mutations » (cf. Wikipedia).

L’affaire Barbarin vs l’affaire Najat Vallaud-Belkacem

Pédophilie : les chiffres en dehors de l’Eglise catholique

Pédophilie : les chiffres en dehors de l’Eglise catholique

Voici les recherches de Philip Jenkins, professeur à l’université de Baylor aux Etats-Unis et spécialiste en histoire des religions :

« La présence de pédophiles est de 2 à 10 fois plus élevée parmi les membres du clergé protestant que chez les prêtres catholiques. Par ailleurs, en 52 ans (entre 1950 et 2002), sur l’ensemble des Etats-Unis, un peu plus d’une centaine de prêtres ont été condamnés pour abus sexuels contre 6 000 enseignants sportifs ou entraîneurs (eux-mêmes le plus souvent mariés, en tout cas ne s’engageant pas au célibat) »[1].

« Mes recherches sur des cas concernant les 20 dernières années ne donnent pas de preuves que le clergé catholique, ou d’autres clergés ayant pour discipline le célibat, sont plus susceptibles d’être impliqués dans des inconduites ou des abus, que le clergé d’autres Églises, ou même que des personnes n’appartenant pas au clergé. Cependant, des médias déterminés peuvent voir cette affaire comme une crise du célibat : cette accusation est simplement insoutenable.

Littéralement toute confession et tradition de foi a sa part de cas d’abus, et certains des pires impliquent des non-catholiques. Chaque confession protestante principale a eu des scandales à profusion, tout comme les pentecôtistes, les Mormons, les Témoins de Jéhovah, les juifs, les bouddhistes, les Hare Krishna – et la liste continue. Un diocèse anglican (épiscopale) canadien est actuellement sur le bord de la faillite à la suite de poursuites massives causées par des décennies d’abus systématiques, et pourtant l’église anglicane ne demande pas le célibat de ses prêtres »[2].

[1] Philip Jenkins, Pedophiles and Priests: Anatomy of a Contemporary Crisis, éd. Oxford University Press, New York, 1996 et 2001, 214 pages.

[2] Philip Jenkins, Zénit, 3 mars 2002


Un autre professeur nous livre son analyse, Thomas Plante, professeur de psychologie à l’Université de Santa Clara et professeur adjoint de psychiatrie clinique et des sciences du comportement à l’école de médecine de l’Université de Stanford [1] :

« Bien qu’il soit difficile d’obtenir de bonnes données, il semble que ce chiffre de 4% (cf. l’étude du John Jay College) est compatible avec le clergé masculin provenant d’autres traditions religieuses et est nettement inférieur à celui de la population masculine adulte en général qui peut doubler ces chiffres ».

« Presque tous les cas venant aujourd’hui à la lumière sont des cas d’il y a 30 à 40 ans ».

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Cas d’allégations (et non de condamnations) aux USA d’abus sexuels sur mineurs par des prêtres (sur les près de 110 000 prêtres ayant exercés durant cette période) : on voit un sommet dans les années 70 et une chute dans les années suivantes. Ce fut donc un problème essentiellement présent il y a 40 ans et très faible de nos jours.

« Les prêtres qui ont commis ces actes terribles doivent répondre aux autorités légales et autres, et être empêchés de faire des victimes supplémentaires. Cependant, ces hommes sont malades. Environ 70% d’entre eux ont été victimes de violences sexuelles et également en tant qu’enfant ».

« 80% de tous les prêtres qui, en fait, abusent de mineurs sont sexuellement engagés avec des garçons adolescents et non des enfants prépubères. Techniquement, la grande majorité des prêtres délinquants sexuels ne sont pas pédophiles du tout, mais éphébophiles ».

[1] http://www.psychwww.com/psyrelig/plante.html


Selon Stephane Joulain, prêtre, thérapeute familial et psychanalyste, 96 % des affaires d’abus sexuels et de maltraitance sur mineurs ayant lieu dans le cercle familial de l’enfant, le célibat peut difficilement être considéré comme une cause en soi de la pédophilie : « Travaillant ces questions depuis déjà plus de quinze ans, je n’ai jamais rencontré dans la littérature scientifique (la sérieuse) de quoi alimenter la thèse d’Hans Küng [qui pense que le célibat sacerdotal pouvait être un facteur favorisant la pédophilie ou les abus sexuels sur mineurs] » (cf. Wikipedia).

Et dans l’enseignement ?