Médias, panique morale et prêtres

Médias, panique morale et prêtres

Le concept de « panique morale » ou « lynchage médiatique » ou « vindicte populaire »…

La « panique morale » fut décrite dès 1972 par Stanley Cohen. Elle surgit quand « une condition, un événement, une personne ou un groupe de personnes est désigné comme une menace pour les valeurs et les intérêts d’une société« . Les « paniques morales » sont souvent liées à des controverses, et sont généralement nourries par une couverture médiatique intense.

Deux éléments fondamentaux composent la « panique morale » :

1. Une source réelle,

2. Une diffusion médiatique intense et excessive de cette source.

Cette diffusion conduit toujours à une simplification des faits, voire à leur manipulation.

Conséquence de cette répétition sur l’esprit humain : l’association.

On associe une catégorie de la population à un danger par la méthode de la répétition. La répétition est en effet la base de l’impression cognitive. C’est ainsi que se font l’apprentissage et l’éducation.

Plus un fait est rapporté, diffusé, répété, plus il pénètre l’esprit. Il suffit ensuite de citer l’un ou l’autre mot et l’association mentale se fait (voir les travaux de Rosenweig en 1957 et Jodelet et Oléron en 1966). Par exemple, au mot « raquette », on pense « tennis », au mot « aquarium », on pense « poisson », au mot « luge », on pense « neige », etc. Ces associations naturelles peuvent aussi être fabriquées par un système basé sur la répétition.
Ainsi donc, aujourd’hui, lorsque l’on dit « prêtre », on pense « pédophile », et lorsque l’on dit « pédophile », on peut penser à « prêtre », quoiqu’un peu moins dans ce sens : en effet, le discours médiatique a surtout été dans le sens prêtre => pédophile que pédophile => prêtre.

Cette concentration médiatique sur l’Eglise et les prêtres se démontre aisément à travers l’analyse du nombre d’articles dans la presse à ce sujet. Prenons l’exemple de la presse californienne en 2002 :

« Alors que la presse californienne s’acharnait en 2002 à déterrer des affaires de pédophilie d’il y a trente ans mais impliquant des prêtres, pour y consacrer près de 2000 textes, dans le même temps, à peine quatre publications étaient consacrées à des abus sexuels dans les écoles, pourtant beaucoup plus d’actualité » [1].

Nous devrions nous scandaliser de telles techniques de manipulation mentale, surtout quand on sait d’où elles viennent :

– « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose», Joseph Goebbels, ministre nazi pour « l’Education du public et la propagande »[2].

– « Un mensonge répété dix fois reste un mensonge ; répété dix mille fois il devient une vérité », Adolf Hitler.

Sachez distinguer la citation du point Godwin… la suite montre bien que l’on peut faire ici référence à ces tristes personnages.

Quand l’histoire se répète…

[1] http://www.causeur.fr/spotlight-pedophilie-eglise-36494.html

[2] On ne peut s’empêcher de penser (par association !) à ce que nous disait Voltaire : « Le mensonge n’est un vice que quand il fait mal. C’est une très grande vertu quand il fait du bien. Soyez donc plus vertueux que jamais. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours. Mentez, mes amis, mentez, je vous le rendrai un jour. » Voltaire, lettre à Thiriot du 21 octobre 1736.


En savoir plus sur les paniques morales…

« Selon Stanley Cohen (1972), une « panique morale » surgit quand « une condition, un événement, une personne ou un groupe de personnes est désigné comme une menace pour les valeurs et les intérêts d’une société ». Le sociologue propose également qu’on reconnaisse dans toute « panique morale » deux acteurs majeurs : les « chefs moraux » (« moral entrepreneurs »), initiateurs de la dénonciation collective ; et les « boucs-émissaires » (« folk devils »), personnes ou groupes désignés à la vindicte […].

L’un des aspects les plus marquants des paniques morales est leur capacité à s’auto-entretenir. La médiatisation d’une panique tendant à légitimer celle-ci et à faire apparaître le problème (parfois illusoire), comme bien réel et plus important qu’il n’est. La médiatisation de la panique engendrant alors un accroissement de la panique ».[1]

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Panique_morale

 

2 réflexions sur “Médias, panique morale et prêtres

  1. Bonjour,

    Sachez simplement que ce qui nous guide c’est l’amour de la vérité et de la justice.

    Notre objectif principal est de rectifier par des chiffres et des faits quelques idées préconçues et abondamment diffusées par les médias.

    Par ailleurs, nous préférons garder l’anonymat pour le moment. L’une des raisons est la suivante : il n’est pas rare de relativiser, minimiser ou maximiser certaines informations une fois que l’on connait leur auteur. Ne pas le connaitre nous permet de juger selon l’information brute.
    Certes, cela peut laisser un arrière goût amer… mais tel est notre choix.

    Bien cordialement.

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